Accéder au contenu principal

Retrouvez toutes les vidéos sélectionnées en vous abonnant à notre chaîne YouTube ! (cliquez ici)

Actuellement sur LYFtvNews :



COLONIA DIGNIDAD, UNE SECTE NAZIE AU PAYS DE PINOCHET


Le dimanche 1er avril, France 5 diffusera à 21h40 un reportage sur le premier procès mettant en cause la dictature chilienne qui se tiendra en France en 2008. Les accusés devront répondre de la disparition de quatre Français. Inculpé, Paul Schaefer, ancien nazi pédophile, fondateur de la Colonia Dignidad. Dans ce film coup de poing, le réalisateur José Maldavsky enquête sur ce camp de concentration, secte pédophile, cache pour nazis et multinationale aux trafics les plus obscurs.

"C'est le seul exemple dans le monde d'un système entièrement conçu pour satisfaire les perversions sexuelles pédophiles du leader d’une organisation", témoigne Hernan Fernandez, l'avocat des victimes de Paul Schaefer, dirigeant de la Colonia Dignidad. Ceinte par les barbelés et les miradors, cette petite Bavière au pied de la cordillère des Andes a été aussi une planque pour nazis, une base arrière de la dictature de Pinochet, une multinationale pratiquant, entre autres activités, le trafic d’armes avec les puissances occidentales et une secte aryenne fondée sur l’enlèvement et l’esclavage. Dans cet univers protégé et secret, et sous couvert de bienfaisance, Paul Schaefer a pu ainsi assouvir ses désirs pédophiles, en recrutant ses proies parmi les orphelins de la Seconde Guerre mondiale, puis les familles les plus pauvres de la région. Le 10 mars 2005 (seulement), celui-ci a enfin été arrêté à l'issue de huit ans de cavale. Depuis 1960, la Colonia Dignidad ne cesse de défier les justices chilienne et internationale. Le réalisateur José Maldavsky a pu pénétrer son enceinte et a enquêté sur ses réseaux politiques et financiers, nationaux et internationaux, sur les crimes qu'elle a commis et qu’elle prépare peut-être encore. A travers les nombreux témoignages de victimes et de leurs avocats, ceux des membres de la junte en prison et du gouvernement actuel, ce film apporte pour la première fois un éclairage sur le secret qui entoure cet univers et sur les ramifications de cette véritable toile d'araignée qui le protège encore au Chili et dans le monde.
Première diffusion : dimanche 1er avril 2007 à 21:40 (câble, satellite et TNT). Durée : 85'
Auteurs : José Maldavsky, Frédéric Ploquin et Maria PobleteRéalisateur : José MaldavskyProduction : France 5 / Temps noir Année : 2006

Et voici un entretien avec José Maldavsky - Réalisateur
Comment vous êtes-vous lancé dans cette investigation ?
José Maldavsky : J'avais réalisé en 1991 un petit reportage sur la Colonia Dignidad, mais à l’époque je n’avais pas pu y pénétrer. Je me suis toujours intéressé aux droits de l'homme. Je suis moi-même un exilé de la dictature chilienne qui a subi la torture. Le producteur de Temps Noir, Tancrède Ramonet, a fait appel à moi après avoir lu La Colonie du Dr Schaefer de Frédéric Ploquin et Maria Poblete. La grande enquête réalisée par ces journalistes m'a aidé, pendant deux ans, à bâtir le projet et leurs contacts m'ont été très précieux. Le tournage s'est déroulé pendant près de trois mois dans six pays - au Chili, aux Etats-Unis, en Argentine, en Allemagne, en Autriche et en France - et le montage a duré sept mois.
Quels liens la Colonia Dignidad a-t-elle entretenus avec l'Allemagne ?
J. M. : Elle a appliqué les méthodes nazies avec un système de surveillance similaire à celui des camps de concentration. On a des preuves que Josef Mengele* est passé par la Colonia Dignidad, où des expérimentations étaient menées sur les prisonniers et les colons. Le dirigeant le plus important du gouvernement de la RFA protégeait la colonie. Les mines de titane et d'uranium ont été acquises avec son appui alors que le pays n'avait pas le droit de fabriquer des armes nucléaires. Aujourd'hui encore, une fondation allemande continue d'apporter un soutien financier aux colons. Mais ceux qui sont rentrés en Allemagne se taisent parce qu'ils ont besoin d'assistance. Le gouvernement allemand refuse de s'exprimer sur le sujet…
Comment expliquez-vous le fait que la Colonia Dignidad n'ait toujours pas été démantelée ?
J. M. : C'est un réseau qui s’est protégé grâce à la corruption, aux soutiens politiques, économiques, militaires, judiciaires et au chantage. Ses archives répertoriaient 45 000 personnes ! Moi-même, j'ai reçu des menaces des colons la première fois que j'y suis allé. Paul Schaefer a quitté le Chili en 1996 pour l'Argentine, qui était revenue à un régime démocratique ; il a pourtant échappé aux mandats d'arrêt jusqu'en 2005, car il bénéficiait d'appuis partout. Le gouvernement chilien n'a pas envie qu'on enquête, car certaines personnalités au pouvoir ont été liées à la Colonia Dignidad. Il craint que les colons ne parlent. Et puis il ne sait pas quoi faire de tous ces gens incapables de s'adapter à une vie hors de la colonie, même si beaucoup sont déjà partis. Les entreprises continuent à fonctionner. Elles forment le chaînon d'un vaste réseau international : une vraie toile d'araignée. Le gouvernement n’a pas envie de détruire son pouvoir économique. Comme l'affirme l’un des intervenants : "Ils sont partout." Je crois malheureusement que la Colonia Dignidad constitue aujourd'hui une espèce de cellule dormante, et qu'un jour on la réveillera…

Propos recueillis par Anne-Laure Fournier




Commentaires

  1. Inés FABRY18/4/07 1:09 PM

    Bonjour,
    ce commentaire n'a pas de lien direct avec l'article.
    Je suis étudiante et je pars au Chili, à Valparaiso, de fin juillet à début septembre. Le fil conducteur de mon voyage est une radio libre à Valparaiso, et plus largement les mémoires de la dictature. J'aurais voulu prendre contact avec vous, Gilles Roman, tout d'abord pour avoir des renseignements sur la ville et mon sujet de voyage, par ailleurs je cherche des "contacts" supplémentaires sur place. Peut-être pourrions nous communiquer par mail? Cordialement

    RépondreSupprimer
  2. inés fabry18/4/07 1:18 PM

    Et enfait, voila mon adresse : fabry.ines@wanadoo.fr

    Désolée de laisser ces messages ici mais je n'ai pas trouver de mail où adresser ma demande directement.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés