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L´indécision de Bachelet

La présidente chilienne Michèle Bachelet traverse un moment difficile, qui vient de se caractériser par le changement de plusieurs ministres, dont celui de l´intérieur, et des difficultés de coordination dans les relations internationales.
La principale difficulté de la présidente chilienne prend naissance dans sa propre campagne électorale. Basée sur les enquêtes d´opinion et les actions purement médiatiques, celle-ci n´a pas permis une clarification de ses positions sur les grands thèmes de société ou les relations internationales. La grande idée de la candidate était celle d´un gouvernement citoyen, à l´écoute du peuple. Et ses conseillers de rappeler sa formation de médecin et sa capacité à formuler un diagnostic avant de proposer des solutions. Le problème est qu´après trois mois de gestion, les difficultés de coordination se font de plus en plus sentir. Chacun a sa propre idée du gouvernement citoyen. Comme il fallait s´y attendre, les demandes des "organisations citoyennes" ne peuvent pas toutes être prises en compte. D´où des tensions à l´intérieur de la majorité, attisées par les calculs politiques de ceux qui se positionnent déjà pour les prochaines élections (le mandat est de quatre ans non renouvelable).
De nombreuses cartes à jouer
Dans le domaine international, la présidente a dans sa main de nombreuses cartes qu´elle hésite à jouer. Sur les relations avec la Bolivie, elle donne l´impression de souffler le chaud et le froid en proposant d´un côté de discuter un accès à la mer tout en rappelant que les traités internationaux ne sont pas négociables. Avec l´Argentine, elle doit faire face au double discours du président Kirchner et au non respect de la parole donnée. Elle tente de s´affirmer en envoyant une lettre de protestation mais ne peut pas prendre le risque de se mettre à dos un important voisin, avec lequel de nombreux projets sont en cours. Face au Pérou et au différend territorial (limites maritimes) elle n´a pas fait de déclaration précise. Enfin sur les investissements importants de la puissante armée chilienne (qui vient d´effectuer de nombreux investissements dont des sous-marins et des F16), elle n´a pas donné de position publique sur une éventuelle réforme de la loi du cuivre*.
Querelle Etats Unis / Venezuela.
Mais le principal problème qui arrive est son indécision dans la querelle qui oppose les Etats Unis et le Venezuela. Avec des arguments peu diplomatiques, le gouvernement Bush lui demande de se positionner pour un axe du bien (en votant pour son candidat, le Guatemala au conseil de sécurité de l´ONU, contre la candidature de Hugo Chavez). Comme elle l´a déjà dit dans une interview à la chaine américaine PBS, Michelle Bachelet n´a pas envie de se laisser entrainer dans des positions manichéennes . Si elle voulait soutenir la candidature du Venezuela, sans prendre une position pro-Chavez, elle aurait pu profiter de la réunion du Mercosur et annoncer en même temps que ses voisins son soutien à cette candidature .
Elle ne l´a pas fait et aujourd´hui les yeux sont tournés vers elle. Voter Venezuela sera forcément compris comme un soutien à Chavez, voter Guatemala serait pris pour une marque d´allégeance et de faiblesse vis à vis des Etats Unis. Ou pire, une contrepartie pour avoir soutenu la création du Tribunal Pénal International contre la volonté de George Bush.

*instaurée par Pinochet, cette loi attribue 10% des recettes du cuivre, la principale ressource du pays, aux militaires.

La presse chilienne a lancé une campagne contre

"les marques d´affection trop caractérisées" de Hugo Chavez

lors des réunions internationales.


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